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  • 2 Eco-socio-conception


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    L’éco-socio-conception :

    Au carrefour d’une approche par parties prenantes et d’une vision globale du cycle de vie du produit

    L’éco-socio-conception se présente comme une solution pour intégrer l’ensemble des critères du développement durable en conception de produit. Elle s’appuie sur les principes présentés ci-dessous.

     

     

     Adoption d’une démarche cycle de vie : L’éco-socio-conception est une approche globale sur le cycle de vie des produits et services. Elle prend en compte l’ensemble des dommages environnementaux et sociaux au niveau de chaque phase du cycle de vie, de l’extraction des matières premières jusqu’à la mise au rebut. Au-delà, la prise en compte de ces aspects dès la conception vise à produire des externalités positives. On parle d’externalité positive lorsque l’action de production d’un agent a des répercussions bénéfiques sur d’autres agents sans que ces derniers aient à payer en compensation des bénéfices reçus. Prendre en compte les externalités positives permet d’encourager la performance au-delà de la stricte conformité à la législation.

    Connaissance des catégories de parties prenantes : proposées par le Life Cycle Initiative (une initiative du PNUE et de la SETAC) ces catégories de parties prenantes sont assez larges et regroupent parfois des acteurs très différents. La réalité qu’elles désignent peut varier selon les contextes. On entend par parties prenantes les individus ou groupes qui peuvent « affecter ou être affectés par la réalisation des objectifs de l’organisation » (Freeman, 1984).

                                     

    • Communauté locale : elle implique l’ensemble des acteurs locaux qui subissent les conséquences des activités des acteurs du cycle de vie des produits ou bénéficient d’externalités positives et de prise en considération de la part de ces derniers. Elles peuvent aussi faire pression sur les activités de l’entreprise en se regroupant en associations ou en faisant appel à des ONG.
    • Utilisateur-consommateur : il s’agit de celui qui va consommer le produit ou utiliser le produit ou le service.
    • Chaîne de valeur et fin de vie : Nous entendons par là l’ensemble des acteurs de la « chaîne d’approvisionnement », tels qu’ils sont définis dans la norme ISO 14062, à savoir « ceux prenant part, par des liaisons aval et amont, à des processus ou à des activités qui fournissent de la valeur sous forme de produits aux utilisateurs ». On considère donc les fournisseurs en amont et les acteurs de la fin de vie en aval.
    • Société : Elle correspond aux acteurs institutionnels, au contexte géopolitique, mais aussi aux autres acteurs économiques avec lesquels l’entreprise peut entrer en concurrence et nouer des partenariats basés sur les règles d’une compétition équitable.
    • Salariés : Il s’agit des individus travaillant dans l’entreprise considérée, au terme d’un contrat et en échange d’un salaire ou rétribution équivalente (selon la définition de l’INSEE, mais ces conditions ne sont pas toujours respectées, notamment en cas de travail forcé ou non déclaré). Cette catégorie porte sur les conditions de travail et sur la vie interne de l’entreprise.
    • Gouvernance : champ d’application ajouté par la norme ISO 26000 (par rapport à la liste du LCI) la gouvernance désigne le système au moyen duquel une organisation prend et applique des décisions dans le but d’atteindre ses objectifs. Il importe qu’elle prenne ses décisions en ayant connaissance des besoins et attentes des différentes parties prenantes. La gouvernance, dans l’outil de pré-diagnostic d’éco-socio-conception développé par le Pôle Eco-conception, renvoie donc aux critères ou préconisations concernant les choix stratégiques en conception de produit qui impliquent les parties prenantes et les questions relatives aux droits de l’Homme ou aux politiques de développement durable.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

    Identification des attentes et besoins des parties prenantes de chaque acteur du cycle de vie du produit : pour chaque étape du cycle de vie du produit ou service il importe de repérer de quelle façon sont impliqués ou affectés les groupes ou individus regroupés derrières les grandes catégories de parties prenantes mentionnées ci-dessus.


    Si l’on prend par exemple l’étape de fabrication on s’intéressera aux conditions de travail en interne, aux communautés locales stimulées ou touchées par l’activité de l’entreprise, aux effets de cette activité sur la société (augmentation ou apaisement des conflits, corruption ou compétition équitable qui stimule de développement économique), aux relations qu’entretiennent les fabricants avec leurs fournisseurs (extraction des matières premières) et avec leurs donneurs d’ordre (distributeurs), aux liens pouvant exister entre la phase de fabrication et la fin de vie ou encore aux impacts des produits utilisés dans la phase de fabrication sur les consommateurs.

     

    Devoir de vigilance face à une réalité complexe et mouvante : En éco-socio-conception, comme en éco-conception, il peut y avoir des transferts d’impacts. L’objectif est donc d’apporter des solutions en ayant toujours la vision globale du cycle de vie du produit et de la complexité des situations. On peut constater, par exemple, au niveau du cycle de vie d’un produit comme l’huile d’argan que les situations les plus problématiques se retrouvent au moment de la récolte des noix et de l’extraction de l’huile. En effet les salaires des ouvrières ne leur permettent pas de subvenir à leurs besoins. En agissant simplement sur le facteur salaire on augmente le prix du produit fini, qui devient par là-même moins accessible au plus grand nombre. Les impacts négatifs sont donc en partie déplacés vers la phase d’utilisation et de consommation. En revanche, comme l’a fait une ONG, il est possible d’accompagner les coopératives d’ouvrières pour qu’elles puissent se former (lecture et écriture notamment) afin de commercialiser elles-mêmes leurs produits et diversifier leurs activités. Elles peuvent ainsi trouver d’autres sources de revenus et éviter qu’il y ait un trop grand nombre d’intermédiaires, c’est-à-dire d’occasions pour voir les marges du produit augmenter. Le prix du produit fini n’augmente donc pas nécessairement. Il n’y a pas de transferts d’impacts et on observe l’entrée de la filière huile d’argan dans un cercle d’amélioration continue des conditions sociales.

    Augmentation de la valeur d’usage et réduction des impacts : Au-delà de la production d’externalités positives on peut s’appuyer sur la création de valeur pour jauger de l’efficacité d’une démarche d’éco-socio-conception. La valeur est « une donnée relative qui traduit l’adéquation entre besoins et ressources dans un contexte donné et pour un acteur donné, et qui donc différera selon les situations et les catégories d’acteurs » [NF X50-152 :2007]. Il importe donc qu’il y ait un arbitrage entre différents critères de nature environnementale, éthique, sociétale pour estimer la création de valeur au niveau de l’ensemble des parties intéressées. La norme NF X 50-152 de management par la valeur caractérise ces critères de « critères d’analyse comparative ». Pondérés selon leur importance et combinés en vue de l’établissement d’un référentiel, ces critères permettent de comparer entre elles plusieurs solutions et de les hiérarchiser en termes de valeurs. Nous pouvons ajouter à la norme qu’il importe de ne pas uniquement pondérer les critères en fonction de leur importance pour le décideur mais pour chacune des parties prenantes. Cela rejoint d’ailleurs le principe de base de l’Analyse de la Valeur qui consiste à « créer ou améliorer un « produit », au sens le plus large de « résultat d’activités », porteur du maximum de valeur pour les parties intéressées – c’est-à-dire rendre maximale la relation entre le service rendu, d’une part et les ressources consommées pour l’obtenir, d’autre part ».

    Cela implique de décrire le besoin auquel devra répondre le produit sous forme de fonctions de service et de contraintes et de rechercher les moyens pour satisfaire le juste besoin avec le minimum de ressources. Le besoin est avant tout « défini vis-à-vis du destinataire du produit. Il doit être complété par les besoins des autres « utilisateurs » ou personnes concernées par le produit/service au cours de son cycle de vie ». La fonction vise à répondre au besoin exprimé comme étant la finalité à atteindre.

    On s’attachera donc à mettre en perspective la valeur d’usage du produit, pour répondre aux besoins identifiés, et les impacts du cycle de vie du produit sur les parties prenantes. Cela permet d’estimer la performance sociétale du produit. Concrètement cette estimation pourra passer par la mise en perspective des critères touchant au rôle social du produit et de ceux caractérisant ses impacts.

     

    Dans le cadre d’une démarche d’éco-socio-conception il convient de s’intéresser à la réduction des impacts sur les parties prenantes (soit des impacts socio-économiques), mais aussi à la réduction des impacts environnementaux. Il importe de plus de prendre en compte la production d’externalités positives, exprimée en termes de création de valeur.

    Nous pouvons enfin nous demander si l’objectif de l’éco-socio-conception n’est pas, au-delà de la création de valeur, de créer des valeurs, notamment des valeurs partenariales.

     

    L’intégration des exigences sociales aux autres exigences de conception : En plus des critères habituels du développement de produit (attentes clients, faisabilité technique, maîtrise des coûts, etc.) l’entreprise peut construire son cahier des charges en intégrant aussi l’environnement, à travers les outils développés depuis quelques années d’éco-conception. L’éco-socio-conception se présente comme une solution pour intégrer les paramètres sociaux aux paramètres environnementaux et économiques déjà pris en compte en conception et en développement de produit. La méthode cadre développée par le Pôle Eco-conception vise à exposer la particularité et les exigences requises par cette démarche.


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