L’économie de la fonctionnalité, un nouveau modèle pour la préservation des ressources

L’économie de la fonctionnalité, un nouveau modèle pour la préservation des ressources

L’ADEME publie ce jour un avis relatif à l’économie de la fonctionnalité qui établit une nouvelle relation entre l’offre et la demande, plus uniquement basée sur la simple vente de biens ou de services. La contractualisation repose sur les « effets utiles » (bénéfices) et l’offre s’adapte aux besoins réels des personnes, des entreprises et des collectivités ainsi qu’aux enjeux relatifs au développement durable. Ce nouveau modèle économique d’entreprise se démarque du modèle industriel classique, qui s’appuie essentiellement sur les volumes de produits vendus et consommés. C’est une logique différente qui conduit à de vraies potentialités environnementales.

Qu’est-ce que l’économie de la fonctionnalité ?

Un exemple pour comprendre. Dans le modèle économique que nous connaissons, pour se chauffer, un particulier achète une chaudière standardisée (parfois assortie d’un service après-vente d’entretien) et paye son énergie. Les bénéfices des vendeurs sont liés au volume vendu, d’équipements pour le chauffagiste et d’énergie pour le fournisseur.

 

L’économie de la fonctionnalité prend en compte d’avantage de critères fondés sur le « juste besoin » du bénéficiaire, comme le confort thermique ou l’efficacité énergétique, et base la contractualisation précisément sur ces effets utiles.

 

Dans ce système, le prestataire conservera la propriété de la chaudière et fournira l’énergie. Il aura donc tout intérêt à assurer une maintenance efficace de la chaudière et à garantir une consommation sobre et économique d’énergie. Autant de garanties qu’il obtiendra en s’informant sur les pratiques des usagers, leurs besoins spécifiques, en tachant aussi de comprendre les raisons d’une éventuelle sensation d’inconfort thermique. Il lui appartiendra en somme de trouver des solutions pour gagner en efficacité (par exemple une meilleure isolation du logement).

 

 

Une offre éco-efficiente 

Les revenus sont dissociés, au moins partiellement, de la consommation de matières. Ils s’appuient principalement sur la mobilisation des ressources non-matérielles et la production d’effets utiles, mais aussi sur l’utilisation efficiente des ressources matérielles. La compétitivité privilégie la qualité de l’offre plutôt que la simple notion de coût.

Ce basculement économique incite le prestataire à une gestion plus durable des biens ainsi qu’à des pratiques responsables : écoconception, biens robustes, réemploi et recyclage (pour ne prendre que quelques exemples) entrent alors dans son champ de réflexion.

Une consommation qui correspond aux besoins réels 

L’attention portée au « juste besoin » est une incitation pour les bénéficiaires à changer leurs modes de vie, leurs modes de production et d’achat pour aller vers plus de sobriété. Dans certains cas, les effets utiles induisent des économies d’énergie et de matière pour le bénéficiaire. Les gains sont partagés avec le prestataire. Les deux parties auront donc tout intérêt à conjuguer leurs efforts pour les maximiser.

Des effets sur l’environnement mieux valorisés

Sur un plan plus prospectif, dans le cas d’une coopération de l’offreur avec des acteurs publics, les revenus pourraient directement provenir de la valorisation des effets bénéfiques sur l’environnement et plus globalement sur la société, devenant ainsi un véritable moteur économique de la transition écologique. 

Cette vision engageante est stratégique pour répondre aux enjeux environnementaux et sociaux d’aujourd’hui et de demain.

 

Pour en savoir plus :

 


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