Motivations pour se lancer dans une démarche d’éco-conception


Extrait de l'étude 2014 : La profitabilité de l’éco-conception, une analyse économique


Le dirigeant et sa motivation ?

Suivant les constats de nos deux études la principale motivation à entreprendre une démarche d’éco-conception est liée aux « convictions personnelles des dirigeants ».

Convictions personnelles ? Lubies ? Volonté philanthropique pure et simple ?

Le dirigeant est plutôt à la recherche d’opportunités pour entreprendre, innover et surtout pérenniser l’activité de son entreprise !

Les convictions du chef d’entreprise sont fondées sur une lecture globale du contexte dans lequel baigne son entreprise, lecture reposant sur toutes les opportunités qu’il pourra tirer d’une telle démarche.

Pour cela, il faut tenir compte du profil du répondant, souvent un collaborateur, percevant dans le chef d’entreprise, soit le visionnaire définissant le cap à suivre, soit le chef d’orchestre du projet d’éco-conception, faisant la synthèse d’un contexte complexe et surtout à l’écoute de son marché.

En effet les équipes techniques, les répondants de notre étude, n’ont souvent qu’une vision parcellaire du contexte, pouvant même être tronquée par leur propre perception métier.

Nous retiendrons plutôt que le dirigeant est l’initiateur et le moteur actif de la démarche, en vue de la réussite d’un projet d’éco-conception. Pour le chef d’entreprise l’éco-conception doit être envisagée comme une approche stratégique.

 

Le marché seconde motivation ?

En réalité le marché représente le cœur de la motivation d’un dirigeant.  La difficulté réside dans la compréhension et la traduction de ces demandes fortement présentes ou latentes. Dans ce cas un dialogue doit s’instaurer pour comprendre les réelles attentes des clients, peut être que vos clients sont eux-mêmes contraints par leurs propres clients (cas du BtoB). En effet, parfois ils demandent certaines exigences en ayant une méconnaissance de votre secteur d’activité, ou bien dans d’autres cas, ils font des demandes génériques à tous leurs sous-traitants, mais se révélant peu pertinentes pour vous.

Ce dialogue donnera une vision du contexte, afin de ne pas s’égarer dans de fausses pistes d’éco-conception, répondant parfaitement à une demande biaisée, et non aux attentes sous-entendues et réellement pertinentes.

L’éco-conception, au-delà de l’aspect technique de la démarche, relève, en amont, d’un défi marketing important et parfois nouveau pour l’entreprise, c'est-à-dire, sonder les clients au sujet d’aspects liés à l’environnement. C’est une étape critique pour la suite du projet d’éco-conception.

 

La réglementation une réelle motivation ?

OUI et NON ! Le simple suivi réglementaire ne peut pas être considéré comme de l’éco-conception, car tous les concurrents sur le marché d’une entreprise sont censés respecter les mêmes seuils d’exigences, même dans le cas d’une réglementation favorisant l’éco-conception directement sur un type de produit. De plus, le cas d’une réglementation directe sur un type de produit particulier est rare et souvent dans un contexte BtoC.

En revanche, la réglementation est vertueuse en éco-conception sur deux aspects :

Dans une logique d’anticipation à moyen et long terme ; nous ne connaissons pas encore bien tous les tenants est aboutissants, les seuils exacts d’une réglementation mais nous commençons à examiner ces sujets de réflexions.

Ou dans une logique d’élargissement du champ d’application d’une réglementation (Exemple : Directive Véhicules Hors d’Usage et que je fabrique des Camions, bus, tracteurs ; Ou RoHS et que je fabrique des panneaux solaires, équipements médicaux…). Les seuils et règles de calcul me sont connus et je les adapte à mon produit.

 

La recherche d’économies comme seule motivation ?

Cette recherche ne parait pas un bon angle d’attaque d’une démarche d’éco-conception, du moins pas le seul et principal. Quand nous évoquons la rentabilité en éco-conception nous parlons d’une approche bien plus globale, les économies réalisées sont souvent les conséquences indirectes d’un projet. De plus, cette approche des coûts est plus difficile à vendre à des clients ; si vous dites : j’ai réalisé des gains dans mon entreprise, mais je vous vends mon produit au même prix. Que penseriez-vous en tant que client de cette entreprise ?