Les Enjeux de l’industrie Agroalimentaire vis-à-vis de la question environnementale

En regard d’une population en constante augmentation et dont le nombre d’habitants devrait dépasser les 10 milliards d’ici la fin du XXIème siècle, la nécessité de nourrir le monde est l’un des enjeux majeurs de notre époque. En 2007, le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat) a estimé dans son rapport que l’agriculture représentait 13.5% des émissions mondiales anthropiques de gaz à effet de serre.

L’éco-conception en agroalimentaire émerge de cette réflexion :

Comment combler les besoins alimentaires de chacun, tout en tentant de réduire nos impacts sur l’environnement ?

 

Régime alimentaire

La consommation moyenne alimentaire des français entre les années 1980 et 2012 a évolué en trente ans, entraînant une évolution des enjeux environnementaux. (Agreste, 2014) Ces évolutions peuvent s’expliquer, en partie, par une prise de conscience vis-à-vis de l’environnement, mais surtout par le prix, la qualité et la facilité de consommation des produits.

 Le budget de l’alimentaire

Les dépenses alimentaires représentent environ 15,3% des dépenses moyennes de consommation d’un ménage français, part moins importante qu’il y a une cinquantaine d’années, évaluée à 29,6% (FranceAgrimer). Cette différence est due à l’industrialisation alimentaire, l’émergence des supermarchés, l’augmentation des revenus, mais aussi à une répartition sur d’autres postes de consommation.

Entre mode de vie et quête de sens

L’évolution du contexte global et les changements des modes de vie ont participé à l’évolution du régime alimentaire. Mais, plus récemment, les français s’interrogent au sujet de leur alimentation, en quête de produits de qualité, plus écologiques, signalés par les logos ou labels, quitte à consommer moins, ouvrant la voie à de nouvelles réflexions comme celle de l’éco-conception.

Qu’en est-il des régimes alimentaires dans le reste du monde ?

On observe que le régime alimentaire dans les pays en développement se calque sur celui des pays développés, du fait d’une croissance économique et donc d’une augmentation des revenus par habitant et de l’urbanisation. En effet, il existe une corrélation entre la hausse des revenus et la consommation de produits d’élevage (FAO).

  

Les émissions de GES dans l’industrie agroalimentaire

L’agriculture participe pour environ un cinquième de l’émission des Gaz à Effet de Serre (GES), en France (INRA, 2013).

L’exploitation des terres

L’agriculture couvre 53% du territoire français (Agreste, 2014), rendant la qualité de notre sol très dépendante de cette activité.

La concurrence des terres

L’Agreste a estimé que la part d’espaces artificialisés a augmenté de 65 % entre 1981 et 2012, passant ainsi de de 3 à 5 millions d’hectares. De ce fait, la surface consacrée à l’agriculture tend à diminuer. Les terres agricoles ont perdu 6,9 % de leur surface soit environ 2 millions d’hectares.
En 2006, la FAO avait estimé que 14 millions d’hectares étaient destinés à la production d’agro-carburants, soit 1% des terres arables mondiales. Ce chiffre pourrait monter à environ 4% d’ici 2030.
Ainsi, à court terme, l’extension des terres cultivées en faveur des agro-carburants, semble être la solution privilégiée par les industriels, ceux-ci influençant la déforestation.
La demande récente en agro-matériaux participe aussi à ce phénomène.

L’eau

Il est estimé que l’agriculture constitue à elle seule, 70% de l’eau consommée. Ce chiffre s’explique notamment par la gestion de l’irrigation. Ainsi, les régions en zone aride ou semi-aride possèdent les plus grandes proportions en terres irriguées. A l’inverse, les régions où l’eau est disponible, l’irrigation est pratiquée, même lorsque cela n’est pas nécessaire, visant à améliorer, diversifier les cultures et enfin, augmenter les rendements.

Biodiversité

L’état de la biodiversité se dégrade à un rythme très alarmant, la communauté scientifique considère que nous sommes dans la sixième extinction massive d’espèces. L’Indice Planète Vivante a baissé de plus de 50% entre 1970 et 2010, (LPI, 2014). La production alimentaire est le secteur économique qui a le plus fort impact négatif sur la biodiversité, contribuant ainsi à la perte totale de biodiversité terrestre de 60-70% (PBL Netherlands Environmenta Assessment Agency , 2014).

Gaspillage alimentaire

Les gaspillages alimentaires sont définis par la FAO, comme étant « des produits potentiellement destinés à l’alimentation humaine qui sont perdus ou jetés tout au long de la chaîne alimentaire ». De la fourche à la fourchette, il existe plusieurs causes à l’origine de ces pertes.





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